Royal Delft
Vous ne devinerez jamais ce qu’il m’est arrivé à Delft
Vous n’allez jamais me croire... Je suis allée au musée avec les enfants.
Et tout s’est bien passé.
Pas de dispute. Pas de chamaillerie. Personne qui traîne quinze mètres derrière en râlant. Personne qui court dans le musée en essayant de toucher un vase du XVIIe siècle.
Une journée entière avec mes deux garçons, à vélo, au musée, à se balader sous le soleil hollandais.
Vous pensez que je mens ? Eh bien non, que nenni.
C’est vraiment la folle aventure qui m’est arrivée cette semaine à Delft.
L’école ne commence que dans cinq jours ici et, pour une fois, on n’avait aucun rendez-vous, aucun papier administratif à aller chercher, aucune école à visiter. Alors on a pris les vélos direction Delft
.
Delft, tout droit
Depuis chez nous, Delft n’est vraiment pas loin, une quarantaine de minutes à vélo.
Enfin, quarante minutes quand on ne se perd pas :)
La première moitié du trajet n’est pas particulièrement spectaculaire. On roule, c’est pratique, c’est plat, c’est hollandais.
Et puis on rejoint le canal et là, ça devient tout de suite beaucoup plus joli.
Des rameurs passent sur l’eau, des oiseaux un peu partout, de jolies maisons le long des berges…
Il ne manquait franchement qu’un moulin pour que je puisse cocher toutes les cases de la carte postale néerlandaise.
Et, détail suffisamment exceptionnel pour être mentionné : tout ça s’est fait dans la bonne humeur.
Oui oui. Toujours aucune dispute.
Habillés pour l’occasion
Notre objectif principal du jour était Royal Delft, la célèbre faïencerie de Delft.
Je ne vais pas mentir : visiter un musée consacré à des assiettes bleues et blanches n’était pas forcément tout en haut de ma liste des choses que j’avais absolument envie de faire aux Pays-Bas.
Mais on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.
Les enfants étaient habillés en bleu pour l'occasion, la dame à l'accueil l'a remarqué, c'était la cerise sur le gateau et la visite n'avait même pas commencé.
À l’intérieur, sans grande surprise, il y a des vases.
Des petits vases, ses grands vases, des assiettes à fleurs.
Des assiettes avec des oiseaux et des moulins.
Mais on découvre aussi comment est née cette fameuse faïence de Delft.
À l’époque, la porcelaine chinoise faisait fureur en Europe. Comme elle était rare et chère, les artisans de Delft ont commencé à fabriquer leur propre version, inspirée des porcelaines importées de Chine.
En gros : copier pour produire moins cher.
Ce qui est assez amusant quand on pense à la manière dont on parle aujourd’hui des copies chinoises de produits européens. Petit retournement de situation historique.
Des lapins entre les vases
Pour les enfants, le musée avait prévu une chasse aux lapins.
Il fallait en retrouver un certain nombre cachés dans les différentes salles. Autant vous dire que c’est probablement ce qui a permis à Jean-Loup de rester parfaitement fréquentable pendant toute la visite.
Ça, et la promesse d’une surprise à la fin.
Comme quoi, quelques siècles de patrimoine culturel, c’est bien. Mais un petit cadeau à la sortie, ça reste quand même beaucoup plus efficace.
Et là encore : aucun drame.
Personne n’a cassé de vase. Personne n’a essayé de s’enfuir.
On a même pris le temps de regarder des choses.
Je commençais sérieusement à me demander ce qu’il se passait.
La récompense
Évidemment, je n’avais pas organisé une sortie culturelle avec deux enfants sans prévoir une récompense derrière.
J’avais repéré KNUS, un café installé dans un parc, au bord d’un lac.
Avec une plaine de jeux. Le combo parfait.
On s’est donc posés là un moment après la visite.
Le service était un peu long, mais honnêtement, avec les enfants occupés à la plaine de jeux et la vue sur l’eau, ce n’était pas exactement le pire endroit du monde pour attendre.
Eux pouvaient courir.
Moi, je pouvais m’asseoir.
Tout le monde y trouvait son compte.
Et Delft dans tout ça ?
On a terminé la journée par un petit tour dans Delft.
Petit, car entre le musée, KNUS et nos allers-retours du nord au sud de la ville, on avait déjà bien rempli la journée.
Mais ce qu’on en a vu m’a donné envie d’y revenir. Les canaux, les petites rues, les façades, les terrasses… Delft mérite clairement une deuxième balade.
Et nous sommes finalement rentrés à vélo à La Haye. Toujours dans la bonne humeur.
Je n’en reviens toujours pas.
Une journée à vélo. Un musée. Deux enfants.
Zéro dispute.
Franchement, Delft est peut-être magique.